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Faut-il créer une société immobilière pour gérer son patrimoine immobilier ? 

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Une société immobilière ne constitue pas une forme de société spécifique. C’est en réalité une société commerciale classique (SPRL, SA, SCRL…) telle que définie dans le Code des sociétés et qui a pour objet défini dans ses statuts la gestion d’un patrimoine immobilier. Gérer son patrimoine immobilier par le biais d’une société plutôt qu’en tant que personne physique permet de bénéficier d’avantages fiscaux et du point de vue d’une éventuelle succession.

Les avantages fiscaux d’une société immobilière

D’un point de vue fiscal, il est plus avantageux de détenir un patrimoine immobilier par une société qu’en tant que personne physique, surtout si la finalité est d’en retirer des revenus locatifs. En effet, avec une société, il est possible de déduire toutes les charges liées aux frais d’entretien des biens immobilier mais aussi les frais de conservation et les intérêts d’emprunt sans plafond légal.

Les frais déductibles en société comprennent également les frais accessoires relatifs à l’acquisition de l’immeuble (frais de notaires, droits d’enregistrement, TVA non récupérable, etc.).

Enfin, selon le montant de vos revenus, le taux d’imposition des sociétés est souvent inférieur à l’impôt sur le revenu qui fonctionne par tranches.

Les avantages de gérer un patrimoine immobilier en tant que personne physique

Les avantages de la personne physique sur la société sont peu nombreux mais on peut quand même en lister quelques-uns :

  • Lorsque le propriétaire d’immeubles les loue à d’autres personnes physiques à titre privé et qu’ils ne sont pas affectés à l’exercice d’une activité professionnelle, le bailleur est imposé sur la base du revenu cadastral revalorisé du bien, qui est en général inférieur au loyer réel perçu.
  • Lorsque le détenteur de l’immeuble vend ce dernier et en retire une plus-value, s’il est en société, il est imposé sur le montant de cette plus-value. En revanche, une personne physique ne l’est pas dès lors qu’il ne s’agit pas d’une opération purement spéculative et qu’il a conservé cette immeuble plusieurs années avant de le revendre.

Les droits d’enregistrement

Taux du droit d’enregistrement

Toute cession par convention de vente d’immeuble entraîne le paiement de droits d’enregistrement par l’acquéreur. Ces droits représentent 12,5% de la valeur d’acquisition du bien.

Lorsque l’immeuble apporté en contrepartie d’une augmentation de capital d’une société n’est pas destiné à l’habitation mais à l’exercice d’une activité professionnelle, le droit d’enregistrement du par la société est de 0%.

Le bail emphytéotique

Il est très rare qu’aucune partie d’un immeuble ne soit destiné à l’habitation, même partiellement. Ainsi en pratique, il est difficile d’échapper au taux d’enregistrement de 12,5% lors d’un apport en société.

Cependant, pour réduire le taux applicable, il existe une alternative fiscale : la constitution d’un droit d’emphytéose sur un immeuble. Cela signifie concéder le droit de jouissance d’un bien pour une durée qui peut aller de 27 à 99 ans. Dans ce cas, l’imposition des droits d’enregistrement ne s’élève qu’à 2% du montant cumulé des redevances (loyers prévus en contrepartie du droit concédé).

Patrimoine immobilier et succession

Le bail emphytéotique permet également d’optimiser fiscalement la transmission d’immeubles en limitant les droits de succession qui peuvent s’élever jusqu’à 30% en région wallonne.

Lorsque le bail emphytéotique est établi avec une société immobilière, le nu-propriétaire peut effectuer un don manuel des actions de cette société à ses enfants. Or cette opération est exemptée de droit de donation. Si le parent donateur ne décède pas dans les 3 ans qui suivent l’acte de donation, les droits de succession ne seront donc dus que sur la valeur de la nue-propriété de l’immeuble.

Pour éviter que les droits de succession ne s’appliquent aussi sur la créance des redevances qui restent à payer par la société immobilière au défunt, cette-dernière peut être cédée par le nu-propriétaire à ses enfants par un acte de donation en amont de la succession.

Risques et inconvénients d’une société immobilière

La création d’une société immobilière comporte des risques. Elle engendre aussi des coûts, notamment pour respecter les obligations juridiques et comptables liés à la gestion des sociétés commerciales.

Par ailleurs, si les revenus locatifs qui sont générés par la société immobilière sont trop bas, les revenus perçus sous forme de dividendes par les actionnaires sont plus taxés que les revenus des loyers qu’ils auraient perçus en tant que personnes physiques.

Enfin, dans le cadre d’une succession, les héritiers deviennent propriétaires des immeubles de manière indivisible avec une société patrimoniale. S’ils sont en situation de désaccord et ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente, ils devront forcément liquider la société.

Créer une société immobilière dans un but d’optimisation fiscale est généralement intéressant surtout lorsqu’il s’agit de détenir des immeubles destinés à la location et à l’exercice d’une activité professionnelle. Vous pouvez aussi envisager la création d’une société immobilière dans le cadre d’une succession atteignant des montants importants. Mais chaque situation doit être étudiée comme un cas particulier. N’hésitez pas à demander conseil à un expert-comptable spécialisé en immobilier.

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